GR0N !

J'dis d'la merde #1 : Gastronomie participative

"J'vous la fais en une demi heure la page."

Tenu. Une demi heure, une assiette de curry à moitié entamée, des bouteilles de bière vide au milieu de la table : c'est ça, le journalisme gonzo. En collant du riz partout, car tout bon journaliste total prend son déjeuner vers 15 heures, notre bien aimé rédac chef pianote furieusement. Et il avale aussi. Parce que putain il est bon le curry, même si il arrache sa mère.

Bref, ce dimanche, c'est primaire socialiste. Et à Bamako, nous rapporte notre envoyé spécial, on en à rien à branler. Le jour du seigneur se transforme en péripapétitienne à 1€ pour le second tour qui oppose le flan d'Europe de l'Est et le bon brie de chez nous. Spoilers : les résultats sont déjà tombés, tu sais qui a gagné.

Mais quand on est dans le feu de l'action, c'est tout autre chose, l'incertitude règne... Un peu. Car sur cette jolie page rose péku, camarade, le peuple parie. Le titre en gros comics sans MS dégueulasse est on ne peut plus clair : la page ne tiendra pas 6 heures, deux portraits pas à jour et peu flatteurs, deux pourcentages à noter. Notez bien : c'est gratuit. C'est proche du peuple ça ! Journalisme de terrain sans bouger son cul du fauteuil et finis donc ton curry ou tu monteras à douze sur le tata-o-mètre.

Photos-0010.jpg Tension à la rédaction.

C'est l'effervescence ! Un pari, deux ! Le site tombe ! Et il revient ! C'est vrai qu'une affluence historique de trente péons c'est super dur à supporter. Dans la pièce d'à côté, on entend les trois quarts de la rédaction, dont un poney, qui se marrent comme des cons en matant Mon Petit Poney. C'est pour les pages culturelles. Qui seront roses, elles aussi.

J'avais dit trente, et je corrige, le chiffre exact est de trente-cinq ! C'est ça aussi le journalisme total, écrire un article avec plus d'une semaine de retard et toujours publier les nouvelles fraîches de précipitations ! Et comme on est (pas trop) des putes, vos IPs, on les garde pour nous et les mafias des pays de l'Est. Genre la Belgique.

Mais en fait le gonzo journalism, c'est pas si mal, comme les animes que faisait Gonzo avant de devenir un gros studio de manches, parce qu'on dénombre pas moins de 5 votes blancs blancs blancs blancs blancs. Bah ouais, on est super démocratiques nous, on laisse s'exprimer les minorités qui sont pas trop de couleur. Les pauvres, c'est vrai que si le monde va mal, c'est bien la faute de ces foutus niaks... Ha merde, mauvais discours politique. On m'a pourri mes fiches là... Ca doit être mon collègue daltonien, il est un peu con mais on le garde quand même pour les quotas.

Parlons chiffres tiens ! Tu l'as vue ma grosse transition totale ? Nan parce que les chiffres ça fait sérieux. On a donc heu... Un certain nombre de gars n'ayant, je cite pour pas avoir trop d'emmerdes si on croit que c'est moi qui dit des trucs méchants : "pas le niveau d'un gamin de primaire". Moi j'ai une excuse, j'aime pas les numéros et c'est mon rédac chef chéri qui a calculé l'autre machin de mon pari. Il est trop fort ce type, je crois que je l'aime.

Autre fait marquant : la balance penche largement du côté du mâââÂÂle. Pfrt. Désolé, c'est nerveux. Mais d'un autre côté, on peut comprendre, après le dernier fail, un parti politique aussi moderne doit s'adapter à la mysoginie latente de la France d'après guerre.

Et après bah y'a des paris et... Des numéros en plus... Et... Donc... Voilà...

Ouais non en fait c'est chiant ça, le public il veut pas ça, il veut de l'entertainment. En plus je m'en cogne moi j'ai fait un truc au hasard. Donc là on va mettre une explosion, un plan nichon Arianne M et on se trouvera un invité super hype auquel on posera des questions de merde. Et ça, c'est du GRAND journalisme total.

Rayman 3, ou mon retrotrip à moi.

C'était un beau jour de mars de la décennie dernière que, dans l'euphorie caractéristique d'un anniversaire, je déballai avec joie ma première console de salon : une GameCube. Avec elle, une carte mémoire qui allait plus tard me poser problème avec Sonic Adventure 2 Battle, et deux jeux : Pikmin, que je n'avancerai quasiment pas, et Rayman 3, que je finis par abandonner au dernier monde, frustré par la longueur de l'antépénultième niveau et achevé par un plantage de la console juste quand j'avais enfin dépassé mon point de mort répétée.

Si il en avait un, Rayman aurait chié dans son froc.

Cela dit, ça ne m'a pas empêché de bien m'éclater, refaisant les mondes que j'avais déjà bien maîtrisé, profitant de l'arrivée d'un copain pour lancer le merveilleux mini-jeu de course/tetris en combo avec la GBA (le summum de la connectivité qui ne fut jamais atteint voire même retenté depuis) ou encore en me matant en boucle les hilarants "Wanna kick Rayman". Courts, référentiels, parfaitement débiles et débordant d'une violence cartoonesque parfaitement insoutenables pour les zigomatiques, et ce encore sept ans après.

J'vous ai déjà dit que ce jeu était fondamentalement, et est d'ailleurs toujours, MARRANT. Oui, en majuscules, et j'pourrais même rajouter du gras. Mais non, n'abusons pas des bonnes choses. Et Dieu que c'est bon de se tartiner de beurre salé entre les... Ha...

Et en fait, Rayman 3, c'est quoi ? Un jeu de plate-formes 3D, bien coloré de partout qui t'explose la rétine à autre chose que du marron gris avec des gros flingues compensatoires. Je te parle petit d'un temps où le jeu vidéo était une activité noble, avant, quand c'était mieux. C'est l'histoire de la génération précédente, celle dont la 3D flatte encore l’œil aujourd'hui, même si elle a quand même un p'tit peu vieilli surtout au niveau des textures un peu cradasses. Que dis-je histoire, c'est de l'Histoire ! Cette époque bénie de la divine manette GameCube, ô merveille d'ergonomie sur tous les points (mis à part ce foutu bouton Z). Cette époque qui, maintenant qu'elle est révolue, est la couche supérieure du rétrogaming, celle dont émerge encore cette PS2 increvable, ce gros caillou (private joke, soulignons-le) dans la chaussure de sa petite sœur la Troisième qui a sacrifié sa rétrocompatibilité pour que son ainée survive encore et pour faire un peu plus d'argent de poche à Monsieur S. le pimp.

Et voilà qu'au début du mois de juin 2011, soit bien sept ans après que je n'aie jamais fini Rayman 3, déboule à l'E3 une présentation surbandante de Rayman Origins, avec du bon accent français en prime. Et là, c'est le drame : nostalgia attack. Une crise un peu subite avec des bons souvenirs qui remontent au fur et à mesure que j'avance dans les niveaux du jeu, du Concile des Fées au Désert des Knaarens en passant par les Marais Crapoteux et... Bien sûr, bien sûr, les on ne peut plus épiques entre-niveaux, warpzones psychédéliques où l'on skate le long de barres de lumières avec une musique funky et une dose d'acide par écran interposé. Et le pire, c'est que ça se permet d'avoir des passages assez relevés une fois qu'on a bien le truc en main. N'oublions pas également les titanesques phases de course de chaussure de course où on doit défoncer l'autre grolle de Rayman qui tente de se faire la malle. Oui oui, c'est parfaitement normal.

J'ai mangé de l'acide par les yeux.

Mais, fort heureusement car ça ferait peur aux gens, l'on ne tombe pas directement sur ces merveilleux passages au lancement du jeu. Dans la Contrée des Rêves, depuis cet après midi, c'est un peu le bazar ! Sous l'influence d'André, le premier des lums noirs, les lums rouges se transforment en lums noirs et, en prenant l'uniforme de hoodlums sèment la terreur partout où ils passent ! Quant à Globox, le BFF de Rayman, il est celui qui a le plus de raisons d'être terrifié : ce gland a avalé André qui se retrouve coincé dans son bide ! Destination : le docteur ! Mais, sur le chemin, se dresse l'armée de hoodlums comptant bien étriper le gros machin bleu pour récupérer leur chef. On va donc, comme promis dans le génialissime manuel qui se permet d'apparaître dans le jeu d'un habile éclatage de quatrième mur, dessouder du vilain pas beau et en plus pas futé ! Yay ! Le tout dans une ambiance barrée et colorée, débile à souhait aux dialogues savoureux bénéficiant d'un doublage soulignant à merveille chacune des blagues et autres références (Black Lumsa, comprise sept ans après.). En bref : que du bon.

Aussi connu sous le nom de "La référence obvious à Spider-Man qui vient de sortir".

Les puristes crieront au scandale (en fait, il(s) l'ont déjà fait...) mais je me suis (re)fini Rayman 3 sur PC. Avec ma manette de Xbox 360. Que je n'aime pas vraiment. L'ergonomie est finie à la pisse mais ça a le mérite d'être plus ou moins universellement reconnu. Sauf par les vieux jeux. Enfin, un programme de réassignation des touches vers le clavier (et même la souris !) plus tard, tout marche aussi bien que la SNCF en quarante... Désolé les familles toussa toussa.

Bref, nous voilà face à ce bon vieux platformer. Oui, bon. Oui, vieux. Tu le sens le coup de vieux là hein ? Bref, niveau gameplay, c'est assez simple. Sauter toujours plus loin ! Jeter les poings du héros sans bras dans la tronche des ennemis ! Des pouvoirs ! Pas révolutionnaire (en tout cas vu d'ici), mais bien efficace. Cela dit, on peut pinailler sur une bonne partie des sauts qui se fait au milipoil, nécessitant de se rattraper au bord de la plate forme visée et ce même en utilisant les cheveux-hélicoptère de notre héros franco-français. Pour ce qui est des pouvoirs spéciaux, ils sont assez variés, utilisables dans un temps limité pour avancer un peu différemment et ne sont donnés que lorsque le niveau l'exige, ou lorsqu'il est utilisable pour trouver un secret. Car Rayman 3 regorge de petits endroits cachés et gros bonus à scoring permettant de débloquer vidéos débiles et mini jeux bonus (débiles aussi). Autant dire que réussir le 100% à chaque niveau demande un minimum d'observation ou une soluce bien détaillée.

Oui oui, il vole avec ça.

Si la caméra est franchement loin d'être dégueulasse au début, ce qui est très agréable sur un jeu de ce genre, c'est sur la fin qu'elle commence à faire franchement n'importe quoi avec des angles par défaut assez chelous dans certaines situations. Et en fait, en y regardant de plus près, on se rend compte que la qualité globale du jeu va en déclinant légèrement sur la fin, commençant avec une caméra imbitable dans certains angles et des sauts approximatifs et atteignant l'apothéose étant la forme ultime du boss final, un monument d'absence de bêta test à la maniabilité juste immonde et aux réactions en chaîne punitives.

Cela m'a enfin ouvert les yeux sur le fait que les boss à plusieurs formes c'est le MAL ABSOLU, c'est CHIANT, c'est RELOU, c'est ARTIFICIEL et bourré de FAUSSES BONNES IDEES DE GAMEPLAY. Ça rallonge la fin et au final, ça laisse sur sa faim. On a un gros machin immonde de plus en plus gros et après bah... Rien. C'est la fin. Remballez. On a plus rien à dire. C'est d'un frustrant ! Jusqu'à présent, seule la série des Metal Gear Solid et des No More Heroes a réussi à me proposer des finaux brutaux mais pas trop. C'est brutal au sens que le boss fight est épique, enchaînant les ennemis de manière logique, amenant une progression de l'histoire et terminant celle-ci de manière pas trop brutale, sans passer directement à autre chose, en prenant le temps d'être bon jusque dans ses dernières minutes (ou alors en faisant n'importe quoi, mais ça c'est Suda51 et c'est un GENIE). Bref, sans laisser sur sa faim (on répète le jeu de mots pour qu'il soit bien compris) : il y a un vrai dessert, et pas un p'tit yaourt au sucre bon mais sans plus. C'est... DU KOUIGN AMANN. Et Rayman 3 bah... C'est un yaourt aux fruits de marque distributeur, c'est correct, c'est pas dégueu, mais il manque quelque chose.

...

MOI J'AIME LE YAOURT ! ET RAYMAN 3 AUSSI ! JOUEZ-Y ! (Avec le yaourt j'entends.)

Le Quai des Bulles 2010, ou le carnet de notes d'un apprenti journaliste sans carte de presse.

C'est fou comme un simple badge peut ouvrir des portes... Et on s'en rend mieux compte quand on n'en a pas. Bonjour la marche à pied de la gare jusqu'aux remparts ! (VIVIFIANT !) Bonjour la queue à la billetterie ! Bonjour la re-queue devant les auteurs ! (Insérer une blague phallique ici.) Et donc, alors que le journaliste va pouvoir inspecter, discuter, jouir (owi) de privilèges, tout ça pour ses lecteurs chéris, le bloggeur amateur, l'ambassadeur du journalisme total, vous livre ici un point de vue tout à fait inédit : celui du visiteur. Innovation ! Investigation !

Mais dis donc, copain Vengeur (non toi t'es pas mon ami), pourquoi tu nous le fait aussi tard ton rapport sur le gros machin de la vieille bédé à papa ? Sache donc (petit con, va), que la présente éloge au retard a une explication fort convaincante. Tu ne le savais sûrement pas, mais le Slippé fait des études, éwé, et il a préféré attendre d'avoir le résultat de son beau boulot avant d'en faire profiter l'internet mondial ! Quoi ? Du boulot ? Ouais : écriture professionnelle, et donc article. Sur sujet au choix. COOL. Saint-Malo est à moins d'une heure grâce à nos amis de l'Hassan Séhéf ? YAY ! On chope son sac et son carnet et here we go pour ce que les mauvaises langues pourront appeler un festival en mousse !

Pour lire l'article, cliquez. (Et oui, une grosse image avec une belle mise en page, si c'est pas génial ça !)

Et c'est à ce moment là qu'on se rend compte que "Merde, deux pages c'est rien en fait, j'ai dû charcuter comme un gros porc pour y coller du contenu". Et donc, grâce à la magie de l'internet, on fait une Director's Cut. Suivent donc les interviews complètes et pas préparées du tout parce que je suis un mauvais des très sympas et accueillants (mais je suis pas censé le dire ça nique leur réputation) auteurs de chez Warum / Vraoum que sont Wandrille (éditeur et dessinateur scénariste), Navo (la Bande Pas Dessinée) et Gad (Ultimex) !

On commence donc par le sieur Wandrille auquel on pose une petite question à la con et qu'il arrive à en sortir un discours continu de cinq minutes super intéressant.

Comment avez-vous commencé à dessiner ? Et comment on en vient à devenir éditeur ?

La question de base c'est : pourquoi dessiner. Ça, la plupart du temps, c'est la même réponse. Il y a une passion, on a envie de faire ça quand on est gosse, on dit que c'est un métier d'avenir alors que dans les faits, pas du tout c'est un truc de crève misère. Du coup on se met à dessiner de plus en plus, on arrête pas, les gens disent "Oh mais tu as un don, tu devrais faire de la bande dessinée !". Et donc ça tombe bien. Et puis on jour on se dit qu'on va faire une école plus ou moins... Ou pas, il y a des autodidactes. Moi en l’occurrence j'ai fait une école où j'ai rencontré mon associé, Benoît Preteseille, et nous sommes allés tous les deux aux Arts Décoratifs à Paris, qui est donc une école d'arts appliqués, très prestigieuse et moi j'y faisais de la vidéo et Benoît y faisait de la scénographie, parce qu'on nous a bien expliqué que la bande dessinée c'était pas de l'art. Comme on nous a expliqué que la BD c'était pas de l'art et qu'on pouvait pas en faire, bah on a fait d'autres trucs, mais en loucedé on faisait déjà des petites autoprod', qui étaient des petits bouquins qu'on fabriquait qui avaient une dizaine, une quinzaine de pages, qu'on reliait à l'arrache avec une couverture qu'on sérigraphiait à l'école et qu'on vendrait 2~3€ à nos potes. Ça il y a pas mal de gens qui le faisaient, sauf que nous on avait fait en plus la démarche d'aller en librairie et de les laisser en dépôt contre un pourcentage de 30 ou 40% pour le libraire, selon. Et on revenait en librairie, donc on avait fait ça dans une dizaine, quinzaine de librairies.

Benoît avait un truc qui s'appelait les Éditions Ion, qu'il a relancé cette année, et moi j'avais quelque chose qui s'appelait les Éditions Pierre Papier Ciseaux où je teste encore des petites autoprod' de temps en temps, dune quinzaine de pages avant de les relancer en gros dans Warum. Et puis à la sortie, on savait pas trop quoi faire, et puis moi j'ai croisé un ami de mes parents qui était éditeur, qui m'a expliqué tout le boulot d'éditeur et qui m'a dit "Ne fait surtout pas ça c'est le boulot du diable". Boh c'était un éditeur religieux. Et donc, une demi-heure après j'ai croisé Benoît qui me dit "tu fais quoi l'an prochain ?" et le lui dis bah "éditeur". Et il m'a dit bah "moi aussi". Et on est parti sur un malentendu comme ça et on s'est mis à faire. Moi je lui ai dit "on va le faire ensemble", à la parisienne, c'est à dire que j'en pensais pas un mot, mais lui il est provincial, ce con, et il l'a pris sérieusement. Les provinciaux hahahaha ! Voilà comment on est partis, il y avait un bouquin à lui, un bouquin à moi... Ça c'était il y a 6, 7 ans, c'était en 2004. Et un bouquin qu'on voulait faire tous les deux en fait au départ et puis, moi je voulais faire le Moi je, que j'avais déjà micro édité dans Pierre Papier Ciseaux et qui avait déjà été un succès. Et donc on a continué comme ça et on a lancé nos quatre premiers bouquins mais on avait encore jamais travaillé avec un imprimeur. Donc quand tu travailles avec un imprimeur, le problème c'est que tout de suite il faut avoir des quantités minimum, c'est à dire qu'en dessous de 500-600 exemplaires, c'est plus trop intéressant, ça coûte trop cher à l'exemplaire. Et donc du coup on est partis comme ça, en comptant le... (joie, vente d'un livre et d'un t shirt)

Et donc on a sortis comme ça nos quatre premiers livres. Le tout premier en fait c'était le mien, c'était le In love with Mauricette qui était avec... Et donc toute la question c'est de savoir... On savait à peu près quel papier utiliser parce qu'on avait vu un papier qui nous plaisait bien, on savait à peu près quel format, on voulait pas faire de couverture cartonnée parce que ça coûtait trop cher, donc on faisait des rabats parce que ça rigidifiait le livre, tout en étant pas trop cher en fabrication. Mais on connaissait le prix de vente, à peu près, parce qu'on voyait ce que faisait la concurrence, n'est-ce pas ? Mais on savait pas le tirage. Et donc moi j'ai pris la liste de tous mes potes et je me suis dit « combien j'en vends, en vente directe, de toi à moi, sans un libraire qui prend 30, 40% ou un distributeur qui prend 50 ou 60, 55% quoi ». Et donc il se trouve que j'ai plein d'amis, qui sont riches, et donc j'ai calculé que j'en vendais 150 en vente directe. Et j'en ai vendu effectivement 156. Et donc après, tout ce que vendait le distributeur, c'était que du gras. Parce que si j'avais compté juste que sur le distributeur, vu qu'il prenait 56% à l'époque du prix de vente, et bien à chaque fois qu'il vendait un album, je perdais 20 centimes. Voilà donc c'était pas intéressant du tout.

Et donc voilà, donc on a commencé comme ça, l'idée c'était de se faire repérer et puis perdre du temps et de l'argent, et puis bon on a tout foiré, on a pas perdu de temps, pas perdu d'argent mais on s'est pas fait repérer. Enfin, quoique si parce que la Benoît vient de sortir L'art et le sang chez Cornelius donc finalement ça a un peu payé. Et puis on a travaillé avec d'autres gens, et au bout de 3 ans, on a monté Vraoum. C'est à dire que sur Warum, Benoît et moi on garde la ligne éditoriale et sur Vraoum c'est uniquement moi qui ait la ligne éditoriale. Et en fait il se trouve que moi je suis un peu la tête chercheuse commerciale du binôme et Benoît est plus artistique avec des trucs plus difficilement commerciaux, enfin, qui se vendent moins bien. Et donc du coup, Benoît m'a dit « Ben écoute, moi je te fais confiance, allons-y » Et donc j'ai commencé en éditant des copains blogueurs, puisque j'étais blogueur moi-même, et donc on a édité monsieur le chien, on a édité un livre de Bastien Vivès, et puis on a commencé comme ça, et maintenant on travaille avec Navo, avec Gad, avec beaucoup de gens issus du blog, puisque c'est un peu ma famille d'auteurs, et voilà. Et bon, c'est des tirages qui oscillent entre 500 exemplaires pour les trucs très très compliqués et 2, 3000 pour les trucs les plus faciles.

Et puis bon, il y a aussi... bon Il se trouve qu'on a un best seller qui est le Moi je d'Aude Picault qu'on a vendu à 18000 exemplaires, et on découvre encore tout plein de trucs, puisque là cette année, pour la première fois, j'étais à Francfort pour la foire internationale où on vend les droits aux éditeurs étrangers et on achète des droits. Moi j'étais plus pour vendre que pour acheter, hein. Et bon bah il y a encore plein de choses à faire, puis maintenant il y a le livre virtuel...

On a déjà vendu les droits du Moi je en Espagne, on a fait La tante sur le toit au Japon, et ouais on a déjà vendu les droits une ou deux fois ailleurs et on a fait des adaptations puisque La tante sur le toit c'est une adaptation d'une nouvelle, et puis on a fait une adaptation de L'écume des jours, donc là aussi il a fallu acheter les droits. Et puis là on travaille sur une adaptation d'un livre américain, même chose, on achète encore des droits, c'est toujours un peu compliqué, il y a des trucs de pourcentages, de machins. Bon bref c'est un gros gros métier l'édition, et nous ça marche dans la mesure où on se paie pas, hein disons le. (c'est moi qui ait fait ce livre ! C'est moi c'est moi c'est moi !)

L'édition, ça marche bien ?

L'édition on en vit pas, il faut savoir, enfin il y a des gens qui en vivent mais pas dans l'édition indépendante. Enfin moi, comme éditeur, je me paie pas, comme auteur, c'est assez rare de toucher des droits importants. (interpelle un curieux pour lui dire que l'auteur est présent, enfin il va arriver sous peu) Donc non, on en vit pas. Enfin la bande dessinée, si on devenait riche avec, ça se saurait, sauf si tu t'appelles Van Hamme ou Goscinny et Uderzo, mais voilà il y a quelques grosses maisons d'édition qui vivent bien mais les petits éditeurs, on a tous des métiers à côté. Mais après, à partir du moment où tu rentres dans cette économie là, si tu fais des tirages un peu intelligents et que tu vises bien... Le truc d'un éditeur c'est pas de vendre un maximum, enfin si bien sûr mais c'est de vendre son tirage. Et ce qui coule beaucoup d'éditeurs c'est le tirage de trop. Nous on a fait des re-tirages de livres... bêtes quoi, des trucs qui nous ont plus, qu'on a en stock et tout et voilà quoi. Et ça c'est de l'argent qui bouge pas, c'est des stocks que t'as chez toi. Donc vraiment le job d'un éditeur c'est d'avoir l’œil, de savoir à peu près à combien tirer un livre et quand le retirer si il faut le retirer. Mais 4500 nouveautés par an, si tu veux, c'est difficile d'avoir des ouvrages de fond... La plupart des libraires, ton livre il arrive, il fait trois mois en librairie et puis après il repart, sauf si c'est un énorme succès. Sinon, non.

Pour la ligne éditoriale... ?

Il y a beaucoup d'éditeurs qui n'ont pas de ligne éditoriale, c'est à dire qu'ils font un peu de tout. Et c'est un peu la difficulté, c'est de réussir à trouver des choses qui se ressemblent et une cohérence d'ensemble. Parce que, quand tu es un éditeur, il faut trouver des trucs qui aient une famille, qu'il y ait une famille d'auteurs, et qu'il y ait aussi une cohérence graphique. (harangue un autre fan d'Ultimex) Donc oui c'est assez compliqué, ça demande d'avoir aussi une vision et tu reçois des projets qui sont biens, mais qui sont pas pour toi, parce que ça rentre pas dans ta ligne éditoriale. C'est pour ça que nous on a monté Vraoum après avoir monté Warum, c'est qu'on voulait qu'il y ait une cohérence entre les deux lignes.

Pour ce qui est de l'édition à l'étranger vous supervisez des trucs ou vous laissez libre ?

On vend les droits et on laisse les gens se démerder, c'est déjà bien assez de boulot de s'occuper de son propre truc. On est bien content quand on vend des droits déjà. Mais pour le moment on a pas été trop trahis donc ça va, les objets ont été assez beaux donc on est contents. Mais tu peux pas dire à un autre éditeur "tu vas faire ça", enfin c'est compliqué.

Et est-ce qu'ils gardent le même format qui est toujours un peu étrange, jamais celui des éditions "classiques" ?

Oui, en général l'éditeur fait assez peu de fioritures mais ça dépend, il y a certains éditeurs qui n'hésitent pas à agrandir, à donner plus de marge, pour faire rentrer dans un catalogue, parce qu'il y a aussi le problème de format où tu respectes le même format à chaque fois.

Et pourquoi ce format un peu spécial ?

Parce que en fait, quand tu édites un livre, y'a un format qui correspond au livre ou pas. Nous on a maintenant 5 ou 6 formats qu'on a développé au fur et à mesure parce que certains livres ne rentraient pas dans les formats qu'on avait, et tu fais pas un livre pour le faire rentrer dans une case ou dans une boîte. C'est à dire qu'on essaie à chaque fois de trouver le format qui va aller avec le livre, et pas trouver les livres qui vont rentrer dans le format. C'est un peu ridicule, c'est un peu penser à l'inverse. Donc du coup on a essayé de changer ça et de se débrouiller pour qu'en tout cas quand on trouve un livre vraiment particulier bah on fait un format particulier. On a fait Mu, qui est très grand, c'est parce que ça valait le coup.

Pour le futur, des projets ? Comment ça va évoluer ?

Dans le futur on a des suites, beaucoup, parce que là on a des projets comme la Bande Pas Dessinée, Ultimex, qui sont des projets qui ont rencontré leur public, et donc on continue à faire la suite. Et puis on a des projets... On a un projet sur la Palestine, on a un projet sur... On a des projets d'adaptation... Enfin des projets très étranges, et puis on a des petites collections qu'on continue régulièrement. C'est un peu que... Ça va ça vient, on découvre les choses au fur et à mesure

Comment ça fait d'être de l'autre côté au niveau du festival ?

Moi ça fait dix ans que je suis standiste donc je me rappelle plus comment ça fait d'être de votre côté du stand, c'est tout.

En suivant, on a Navo : concis et précis face à un type qui sait pas tout à fait ce qu'il fait.

La BPD, pourquoi, comment, et comment c'est arrivé chez Vraoum ?

Oula, alors attends... Euh... Alors, pourquoi ? Parce que... J't'emmerde, déjà. C'est par rapport au fait que j't'emmerde toi et tous les autres et du coup je me suis dit "autant le faire dans une BD", ce sera mieux pris et je pourrais faire de l'argent. Et comment c'est arrivé chez... En fait ouais, je faisais un blog depuis deux ans et demi, je crois, et à un moment je me suis dit : "je vais essayer de le faire en livre, je vais le faire moi-même". Mais avant de le faire moi-même je vais quand même poser la question à des gens, et une des premières personnes à qui j'ai posé la question c'était Wandrille et on s'est bien entendu parce qu'on s'est insulté. Et donc du coup je me suis dit : "Ah, il est bien ce mec là ! Je pense qu'il est bon pour la Bande Pas Dessinée." Alors on est parti ensemble et je dois dire qu'aujourd'hui j'en suis très heureux. Je suis un peu ému en parlant, je suis désolé.

Et pour finir, l'ami Gad, grâce à qui j'ai pu illustrer joliment mon article et donc faire genre que en fait il est pas tout pourri.

Ultimex, d'où ça vient, sa première apparition était visiblement les 24 heures de la BD ou avant... Donc d'où ça vient, pourquoi et comment c'est arrivé chez Vraoum, si c'est vous qui avez sollicité l'éditeur ou si c'est lui qui a trouvé que c'était bien ?

Un peu des deux. Alors à la base Ultimex ça vient... Parce que j'ai commencé à recopier un personnage que je trouvais dans une revue de faits divers un peu scabreux, une revue qui datait des années 1900, et il y avait ce qui s'appelait l’Œil de la Police. Il y avait toujours un œil qui jugeait les différents crimes très sévèrement. Et parfois cet œil était personnalisé avec un personnage qui avait un œil à la place de la tête. Et donc j'ai recopié ce personnage et très vite je lui ai mis cet œil sur un corps de type bodybuildé. Ensuite je me suis dit "putain, il manque de classe', et je lui ai collé un costard. Et très rapidement, et naturellement le nom d'Ultimex est venu et son tempérament également.

Et Ultimex, c'est une référence particulière ?

Non pas du...

Ou c'est juste que c'est super classe ?

Ouais, voilà, ouais ouais, je trouve que ça sonne bien en fait. Ça claque un peu Ultimex. Mais, je trouve rarement des bons titres et des bons noms en plus, donc là j'étais content tu vois. Mais c'est venu vraiment sans y réfléchir, c'est ça qui est amusant.

Et pour Steve aussi ?

Steve en fait, il arrive dès la deuxième aventure d'Ultimex, dans les tous premiers épisodes, et il me fallait un personnage secondaire comme ça et après, quand il m'a fallu un autre personnage secondaire, je me suis dit : "Tiens, je vais reprendre le même qu'on a déjà vu ici, et je vais en faire un personnage fixe en fait, qui revient à chaque fois." C'était plus simple, et puis c'est mieux comme ça il y a une complicité, une amitié, il y a un faire valoir, et c'est le principal. Le fait d'assumer clairement que le mec est un faire valoir je trouvais ça aussi très amusant. Le faire valoir prodige, ça vient des vielles bandes dessinées de Batman justement, où il y avait Batman et Robin, l'adolescent prodige, c'était ça le titre. Et je me suis dit non, c'est pas un adolescent, c'est juste un faire valoir. Et j'ai repris le titre pour Ultimex.

Alors ensuite comment ça s'est goupillé avec Warum pour éditer Ultimex... Bien, je savais déjà que Wandrille, tu sais, il a édité pas mal de personnes issues des blogs, bon je savais ça, et je voyais qu'il me laissait des coms de temps en temps. Il avait découvert le blog d'Ultimex, et il laissait des coms, et je voyais qu'il était plutôt enthousiaste et tout. Et je me suis dit "Tiens, ça peut être intéressant". Et, un jour il y avait Warum au Salon du Livre... Il y a... Trois ans maintenant. Et je me suis dit tiens, je vais aller faire un tour là bas, je vais lui dire qui je suis, je vais lui prendre une BD et je vais lui dire qui je suis. Donc du coup on a discuté un peu tous les deux, lui et moi, et il m'a dit "Hé mec, il faut qu'on fasse un album ensemble" Et c'est comme ça qu'est né le premier album, Le mauvais œil, chez Warum. Bah oui, c'est presque un compte de fées.

Et donc ça fait quoi de se retrouver maintenant de l'autre côté du stand ?

Et bien écoute, moi j'ai pas une très grande expérience des festivals mais j'avais fait Angoulème déjà, en 2007 je crois, quelque chose comme ça. Et ça m'avait beaucoup déçu, j'avais pas trouvé, j'avais trouvé ça plutôt impersonnel et tout... Mais là ça me fait découvrir une autre facette des festivals en fait... Je faisais peut-être pas très bien, en fin je sais pas j'étais pas... Maintenant je me marre plus en festival, en tout cas en tant qu'auteur. Et puis bon, il arrive qu'on rencontre les auteurs en vrai en tant qu'auteur, des auteurs qu'on admire et ça c'est la classe un peu de rencontrer les gens d'égal à égal même si ils me sont vraiment supérieurs, c'est quelque chose de sympa quand même. Quelque chose qui aurait pas forcément été possible en faisant trois heures de queue pour avoir un dessin fait en 5 minutes. Et ça c'est cool.

Le Prisonnier, ou pourquoi j'ai TOUJOURS peur des gros ballons sondes blancs.

Le Prisonnier... Difficile de s'attaquer à un tel monument de la TV de ce bon vieux vingtième siècle, charriant depuis 1967 une fanbase potentiellement encore plus gangrénée de vieux cons que le tas de moétards de la blogosphère française proche. Et là, tombe la nouvelle. (Enfin je dis elle tombe, c'était à l'époque hein parce que là c'est plus trop une nouvelle. J'devrais arrêter d'être en retard sur tout tiens.) Le Prisonnier va se taper un remake par les américains en 2009... Soit il y a deux ans. (Bvo le lent.) Sur le coup, on est à la fois curieux et frileux. C'est vrai quoi, le Prisonnier, c'est pas rien ! Un classique parmi les classiques des séries anglaises ! Dix-sept épisodes se concluant sur l'un des mindfucks les plus monstrueux jamais vus. Et surtout une ambiance... Unique ? Oui, complètement. Coloré et joyeux mais jamais accueillant, kitch et lorgnant pourtant légèrement sur la science-fiction... Culte, vraiment.

Posons le décor, pour ceux qui ne le connaitraient pas encore : un homme se réveille dans un endroit qui lui est inconnu. Il est arrivé dans le Village. Pourquoi est-il arrivé ici ? Il n'en sait rien. Une chose est certaine : il est le numéro 6. Tel est son nouveau nom dans cette communauté étrange de laquelle il est désormais prisonnier. Son geôlier en chef, le numéro 2, ne se privera pas d'utiliser les tortures les plus raffinées pour arriver à ses fins. Pourquoi ? Six se pose également cette question. Comment ? Comment s'échapper. Comment retrouver sa liberté. Telle est sa quête, à lui, l'homme qui ne veut céder.

Et là, coupons court à toute forme de (non) suspense : c'est tout ce que l'on trouve de commun entre le Prisonnier version '67 et '09. Disons le tout de suite : il ne s'agit pas d'un remake mais d'une réécriture, d'une variation sur un même thème... Et pourtant fort peu avare en références. Dès le premier épisode, 93, ce vieillard à l’accoutrement fort peu commun ne manque pas de rappeler le vieux Six, qui a finalement "enfin réussi à s'échapper". Bien sûr, là, je ne fais que pointer une évidence du doigt - ce qui est, faut-il encore le rappeler, très malpoli alors ne le faites pas les petits enfants - mais il y a des références nettement plus subtiles, dont je suis quasi certain d'en avoir zappé la moitié. L'on citera entre autres le fameux vélo apparaissant dans le cinquième ou sixième épisode ou encore ce générique faisant merveilleusement écho à l'original, sur un point qui se révèlera largement plus crucial dans cette nouvelle version. Et l'on ne manquera pas de noter la plus énorme d'entre toutes pour le final, celle qui prend tout son sens en anglais et dont je me demande ce qu'elle peut bien donner en franco-français et que je ne peux révéler ici sans spoiler MONSTRUEUSEMENT la série originale à ceux qui ne l'ont encore vue, ce que je ne me pardonnerai jamais. Et donc on teste le plugin SPOILER de l'ami Keul pour vous dire que...

Il ne faut donc aucunement chercher des repères, tenter de s'accrocher à des éléments ressemblants pour comprendre ce qu'il se passe. Pour l'avoir essayé : c'est la meilleure façon de se perdre. C'est une toute autre histoire, une toute autre ambiance. Au début, c'est déroutant, parfois décevant, mais une fois que l'on a assimilé qu'il s'agit de deux histoires bien distinctes, ça passe tout seul. Et pourtant, on nous en donne des appuis branlants sur lesquels se poser pour biaiser notre compréhension de ce nouveau Village : la scène de la carte en étant le meilleur exemple, rappelant tellement de souvenirs mais introduisant à un tout autre concept de carte. Car, si dans la série de '67, le Village était coupé du monde et tous ses habitants s’accommodaient avec cynisme de leur prison, la version '09 dresse pour décor un Village. Seulement un Village. Il n'y a pas d'extérieur. Rien de tout cela. Le monde se résume au Village, du moins tant que l'on n'a pas pour matricule 6 ou 93. Mais à y penser, même le terme de Village semble assez faux, étant donné toute la population qu'il abrite : au moins un millier de personnes. Certes, c'est peu, mais par rapport au décor de '67, on dépasse allègrement cette population. Population qui n'est d'ailleurs plus uniquement constituée de prisonniers. Car le Village n'est plus une prison. Le Village est un monde, le Monde pour ses habitants. Ils y vivent, heureux, se satisfaisant de la vie que Deux leur donne.

La carte de le VILLAGE !

Oui, 2 est toujours là, et oui l'absence de 1 a toujours un sens, mais pas celui que l'on lui donne à l'épisode 3. Deux est un, au sens qu'il n'a qu'une seule identité et l'on ne peut d'ailleurs que saluer le jeu de l'acteur dont le nom m'échappe qui lui donne, et ce même dans le cinquième épisode, une prestance extraordinaire... Ainsi qu'un coté extrêmement malsain. Rien que le voir jouer avec une grenade donne le ton. Si comme ses "prédécesseurs" il a un amour pour la torture raffinée et ne se lasse jamais de tourmenter 6, le manipulant et se jouant de lui pour mieux le faire souffrir, il se révèle nettement plus violent, n'hésitant pas à supprimer des numéros gênants à l'explosif. Et ouais, carrément. Contraste d'autant plus marquant qu'on nous le présente désormais comme un père ayant visiblement du mal à composer avec les envies d'évasion s'étant implantées dans l'esprit de son fils après sa rencontre avec 6, ce fou affirmant sans en démordre qu'il existe autre chose que le Village. Autre chose que tout le monde ignore... Inconsciemment ? Consciemment ? La question se pose pour certains personnages, ballottés entre l'amour de leur vie simple et la peur de 2 qui les pousse à s'attacher à leur mascarade.

Vient alors s'imposer un sentiment d'irréalité constant. L'on ne peut plus distinguer le réel de la manipulation, le rêve du réveil. Une incertitude d'autant plus accentuée par la narration, nous projetant parfois des morceaux d'on ne sait trop quoi, créant un chaos complet dans ce Village si bien ordonné. Autant l'on peut dire que l'on suit 6, perdu dans ce monde si étrange, aseptisé et sans âme, l'élément perturbateur avec l'esprit duquel 2 prend un malin plaisir à jouer, autant d'autres scènes laissent son point de vue de côté pour suivre d'autres personnages qui éclaireront ce que 6 ne sait pas ou bien ne prendront sens qu'une fois la conclusion révélée. Une scène qui devenant particulièrement marquante une fois son voile d'énigme levée est le face à face entre 2 et 70, le psychologue, portant sur la thérapie par la parole de ce dernier. Quant à l'épisode 5, il quitte alors sa robe de mindfuck total et cru pour devenir complètement fascinant.

Les COCHOOOOOOOOONS ! Sont nos AMIIIIIIIS !

Ici, contrairement à la mouture '67 où on avait un fond de certitudes, de vérités bien ancrées et un personnage principal doué d'une volonté forte, le nouveau 6 est faillible, parfois guidé par des sentiments violents et perpétuellement plongé dans le doute. Le doute de tout le monde entre autres, par une reprise du thème de l'espionnage. Si, dans les années soixante, soutirer des informations à un espion à la retraite s'inscrivait dans le contexte de la Guerre Froide, de même que toutes les ruses de désinformations du Village, retrouver une thématique semblable en 2009 est un peu plus déroutant... Semblable et déroutant sont les deux mots à retenir. Semblable d'abord, car basé sur l'espionnage et les agents doubles, dorénavant au cœur même du Village : tout le monde espionne tout le monde pour le compte de Deux. La confiance est un risque et tout le monde masque son jeu. Quoique, celui qui doit le plus se délecter de ce jeu en est le maître, 2, bien évidemment, prenant un malin plaisir à monter ses concitoyens les uns contre les autres... Ou pas... ? Là vient la déroute : j'avoue ne pas trop comprendre l'intérêt de ce jeu, et ce surtout à la lumière du final. Ainsi, l'épisode 3 reste pour moi assez confus et opaque, le truc me dérangeant le plus étant que cette culture du brisage de secret est enseignée jusqu'à l'école du Village. Je ne sais pas trop quoi en penser, trouvant cela finalement assez contradictoire avec SPOILERS !

Autre point sur lequel l'on peut se pencher très légèrement : le thème de l'identité. Si, dans la version originale, l'on n'avait dans le décor que des "Numéro X", l'on a ici des "Monsieur 6" ou "Mademoiselle 313". Encore un pivot colossal du scénario de '67 qui se fait la malle... Quoique... Si le fait de n'être plus personne pouvait être lié, là encore, au monde de l'espionnage, la perte de nom, mais ici pas de statut, va être rapporté à la maladie mentale, à la folie. Voire plutôt à la perte de soi-même. L'on n'est pas effacé, l'on ne se fait pas effacer, l'on est juste trop paumé pour savoir qui l'on est.

Et pour nous paumer, ça ils y arrivent bien les salopards. Parlons un peu de la narration je vous prie. Relativement confuse, parfois chaotique, elle place bien dans cet univers assez irréel, nous perdant et semant le doute entre ce qui est vrai et les divagations des différents personnages. On nous place bien dans un monde tout à fait nouveau, obéissant à ses propres lois. Et le seul truc auquel on peut vraiment se raccrocher, c'est le flashback. Ce flashback. La pure idée de génie. Un retour en arrière long s'étalant sur toute la série. Il ne suffit de se poser qu'une question : pourquoi dure-t-il si longtemps ? Et la réponse est juste tellement bonne. On a une histoire extrêmement bien construite qui trouve, à mon humble avis, son apogée dans l'avant dernier épisode qui en révèle finalement autant qu'il perd le spectateur. Et ce mindfuck est tellement bien pensé que la solution - que l'on pourrait maladroitement qualifier de "finale" - finit par s'imposer naturellement. Tout prend sens, ou presque, car comme je l'ai dit, l'épisode 3 me chiffonne toujours.

En bref, on a ici un très, très, très mauvais remake... Parce que ça n'en est pas un. Une suite spirituelle, mais je préfèrerai le terme de variation sur le thème, reprenant quelques ingrédients de base du scénario de '67 pour en faire quelque chose de totalement nouveau. Gardant une partie de l'esprit du Village originel, multipliant les références, le show parvient à vraiment se démarquer de l'original et ça fait plaisir tant le scénario est réussi et la narration exemplaire. Bref, du grand cru tenant en six épisodes de trois quarts d'heure qui se dévore à une vitesse folle.

Be seein' you !

Fack dat shiet, ou un article qui sert à rien.

Deux ans de blogging ? Fuck it.

La nouvelle année ? Fuck it.

Un an de Velvet Vidéo Burger ? Fuck it.

Écrire un nouvel article ? Fuck it.

Et pourtant, là, présentement, je suis en train d'écrire un article. Enfin, là, maintenant, j'écris, mais quand vous le lirez, j'aurai déjà fini de l'écrire. Mais bon, venons en au fait : quel est l'intérêt de ce court article ? De un signaler au monde que j'existe. Oui, je fais ma grosse attention whore. Et j'aime ça. Si toi aussi tu m'aimes, alors viens me rouler une pelle. Dans un caddie. Why ? No reason.

Putain de sa maman, tu la causes la France connard ?!

Mais bon, je ne suis pas le sujet principal de cet article, pour changer. Non, l'importante nouvelle c'est que Kaiji se paye une nouvelle saison d'ici quelques mois. Kaiji ? Je vous en avais déjà parlé, rappelez vous... Pour les adeptes du TL;DR, c'est simplement un anime de la cuvée 2007, universellement reconnue pour sa qualité...

Et si les gens de Madhouse arrivent à m'entendre, qu'ils fassent une deuxième saison ! Franchement, Kaiji le mérite.

Tels étaient mes mots après avoir vu cette série en juillet.

Ooooooooooooooooow... Yeah.

Hé les gars de Bones, si vous m’entendez, faites une deuxième saison de Darker than BLACK.

Disais-je à peu de choses près dans ce premier essai de podcast... Et vous connaissez la suite. Même si moi je ne la connais pas encore vu que j'ai pas encore maté la seconde saison.

Ça fait quand même deux fois là...

La vérité est plus grande à l'intérieur.

Currently playing : Minecraft (Uminecraft, uuuuuu, les creepers existent.)
Currently watching : The Prisonner (2009)
Currently reading ; IG Magazine n°10
Currently writing : une très, très longue nouvelle. Depuis décembre. Ce qui explique la disparition. Entre autres.

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