C'est fou comme un simple badge peut ouvrir des portes... Et on s'en rend mieux compte quand on n'en a pas. Bonjour la marche à pied de la gare jusqu'aux remparts ! (VIVIFIANT !) Bonjour la queue à la billetterie ! Bonjour la re-queue devant les auteurs ! (Insérer une blague phallique ici.) Et donc, alors que le journaliste va pouvoir inspecter, discuter, jouir (owi) de privilèges, tout ça pour ses lecteurs chéris, le bloggeur amateur, l'ambassadeur du journalisme total, vous livre ici un point de vue tout à fait inédit : celui du visiteur. Innovation ! Investigation !
Mais dis donc, copain Vengeur (non toi t'es pas mon ami), pourquoi tu nous le fait aussi tard ton rapport sur le gros machin de la vieille bédé à papa ? Sache donc (petit con, va), que la présente éloge au retard a une explication fort convaincante. Tu ne le savais sûrement pas, mais le Slippé fait des études, éwé, et il a préféré attendre d'avoir le résultat de son beau boulot avant d'en faire profiter l'internet mondial ! Quoi ? Du boulot ? Ouais : écriture professionnelle, et donc article. Sur sujet au choix. COOL. Saint-Malo est à moins d'une heure grâce à nos amis de l'Hassan Séhéf ? YAY ! On chope son sac et son carnet et here we go pour ce que les mauvaises langues pourront appeler un festival en mousse !
Pour lire l'article, cliquez. (Et oui, une grosse image avec une belle mise en page, si c'est pas génial ça !)
Et c'est à ce moment là qu'on se rend compte que "Merde, deux pages c'est rien en fait, j'ai dû charcuter comme un gros porc pour y coller du contenu". Et donc, grâce à la magie de l'internet, on fait une Director's Cut. Suivent donc les interviews complètes et pas préparées du tout parce que je suis un mauvais des très sympas et accueillants (mais je suis pas censé le dire ça nique leur réputation) auteurs de chez Warum / Vraoum que sont Wandrille (éditeur et dessinateur scénariste), Navo (la Bande Pas Dessinée) et Gad (Ultimex) !
On commence donc par le sieur Wandrille auquel on pose une petite question à la con et qu'il arrive à en sortir un discours continu de cinq minutes super intéressant.
Comment avez-vous commencé à dessiner ? Et comment on en vient à devenir éditeur ?
La question de base c'est : pourquoi dessiner. Ça, la plupart du temps, c'est la même réponse. Il y a une passion, on a envie de faire ça quand on est gosse, on dit que c'est un métier d'avenir alors que dans les faits, pas du tout c'est un truc de crève misère. Du coup on se met à dessiner de plus en plus, on arrête pas, les gens disent "Oh mais tu as un don, tu devrais faire de la bande dessinée !". Et donc ça tombe bien. Et puis on jour on se dit qu'on va faire une école plus ou moins... Ou pas, il y a des autodidactes. Moi en l’occurrence j'ai fait une école où j'ai rencontré mon associé, Benoît Preteseille, et nous sommes allés tous les deux aux Arts Décoratifs à Paris, qui est donc une école d'arts appliqués, très prestigieuse et moi j'y faisais de la vidéo et Benoît y faisait de la scénographie, parce qu'on nous a bien expliqué que la bande dessinée c'était pas de l'art. Comme on nous a expliqué que la BD c'était pas de l'art et qu'on pouvait pas en faire, bah on a fait d'autres trucs, mais en loucedé on faisait déjà des petites autoprod', qui étaient des petits bouquins qu'on fabriquait qui avaient une dizaine, une quinzaine de pages, qu'on reliait à l'arrache avec une couverture qu'on sérigraphiait à l'école et qu'on vendrait 2~3€ à nos potes. Ça il y a pas mal de gens qui le faisaient, sauf que nous on avait fait en plus la démarche d'aller en librairie et de les laisser en dépôt contre un pourcentage de 30 ou 40% pour le libraire, selon. Et on revenait en librairie, donc on avait fait ça dans une dizaine, quinzaine de librairies.
Benoît avait un truc qui s'appelait les Éditions Ion, qu'il a relancé cette année, et moi j'avais quelque chose qui s'appelait les Éditions Pierre Papier Ciseaux où je teste encore des petites autoprod' de temps en temps, dune quinzaine de pages avant de les relancer en gros dans Warum. Et puis à la sortie, on savait pas trop quoi faire, et puis moi j'ai croisé un ami de mes parents qui était éditeur, qui m'a expliqué tout le boulot d'éditeur et qui m'a dit "Ne fait surtout pas ça c'est le boulot du diable". Boh c'était un éditeur religieux. Et donc, une demi-heure après j'ai croisé Benoît qui me dit "tu fais quoi l'an prochain ?" et le lui dis bah "éditeur". Et il m'a dit bah "moi aussi". Et on est parti sur un malentendu comme ça et on s'est mis à faire. Moi je lui ai dit "on va le faire ensemble", à la parisienne, c'est à dire que j'en pensais pas un mot, mais lui il est provincial, ce con, et il l'a pris sérieusement. Les provinciaux hahahaha ! Voilà comment on est partis, il y avait un bouquin à lui, un bouquin à moi... Ça c'était il y a 6, 7 ans, c'était en 2004. Et un bouquin qu'on voulait faire tous les deux en fait au départ et puis, moi je voulais faire le Moi je, que j'avais déjà micro édité dans Pierre Papier Ciseaux et qui avait déjà été un succès. Et donc on a continué comme ça et on a lancé nos quatre premiers bouquins mais on avait encore jamais travaillé avec un imprimeur. Donc quand tu travailles avec un imprimeur, le problème c'est que tout de suite il faut avoir des quantités minimum, c'est à dire qu'en dessous de 500-600 exemplaires, c'est plus trop intéressant, ça coûte trop cher à l'exemplaire. Et donc du coup on est partis comme ça, en comptant le... (joie, vente d'un livre et d'un t shirt)
Et donc on a sortis comme ça nos quatre premiers livres. Le tout premier en fait c'était le mien, c'était le In love with Mauricette qui était avec... Et donc toute la question c'est de savoir... On savait à peu près quel papier utiliser parce qu'on avait vu un papier qui nous plaisait bien, on savait à peu près quel format, on voulait pas faire de couverture cartonnée parce que ça coûtait trop cher, donc on faisait des rabats parce que ça rigidifiait le livre, tout en étant pas trop cher en fabrication. Mais on connaissait le prix de vente, à peu près, parce qu'on voyait ce que faisait la concurrence, n'est-ce pas ? Mais on savait pas le tirage. Et donc moi j'ai pris la liste de tous mes potes et je me suis dit « combien j'en vends, en vente directe, de toi à moi, sans un libraire qui prend 30, 40% ou un distributeur qui prend 50 ou 60, 55% quoi ». Et donc il se trouve que j'ai plein d'amis, qui sont riches, et donc j'ai calculé que j'en vendais 150 en vente directe. Et j'en ai vendu effectivement 156. Et donc après, tout ce que vendait le distributeur, c'était que du gras. Parce que si j'avais compté juste que sur le distributeur, vu qu'il prenait 56% à l'époque du prix de vente, et bien à chaque fois qu'il vendait un album, je perdais 20 centimes. Voilà donc c'était pas intéressant du tout.
Et donc voilà, donc on a commencé comme ça, l'idée c'était de se faire repérer et puis perdre du temps et de l'argent, et puis bon on a tout foiré, on a pas perdu de temps, pas perdu d'argent mais on s'est pas fait repérer. Enfin, quoique si parce que la Benoît vient de sortir L'art et le sang chez Cornelius donc finalement ça a un peu payé. Et puis on a travaillé avec d'autres gens, et au bout de 3 ans, on a monté Vraoum. C'est à dire que sur Warum, Benoît et moi on garde la ligne éditoriale et sur Vraoum c'est uniquement moi qui ait la ligne éditoriale. Et en fait il se trouve que moi je suis un peu la tête chercheuse commerciale du binôme et Benoît est plus artistique avec des trucs plus difficilement commerciaux, enfin, qui se vendent moins bien. Et donc du coup, Benoît m'a dit « Ben écoute, moi je te fais confiance, allons-y » Et donc j'ai commencé en éditant des copains blogueurs, puisque j'étais blogueur moi-même, et donc on a édité monsieur le chien, on a édité un livre de Bastien Vivès, et puis on a commencé comme ça, et maintenant on travaille avec Navo, avec Gad, avec beaucoup de gens issus du blog, puisque c'est un peu ma famille d'auteurs, et voilà. Et bon, c'est des tirages qui oscillent entre 500 exemplaires pour les trucs très très compliqués et 2, 3000 pour les trucs les plus faciles.
Et puis bon, il y a aussi... bon Il se trouve qu'on a un best seller qui est le Moi je d'Aude Picault qu'on a vendu à 18000 exemplaires, et on découvre encore tout plein de trucs, puisque là cette année, pour la première fois, j'étais à Francfort pour la foire internationale où on vend les droits aux éditeurs étrangers et on achète des droits. Moi j'étais plus pour vendre que pour acheter, hein. Et bon bah il y a encore plein de choses à faire, puis maintenant il y a le livre virtuel...
On a déjà vendu les droits du Moi je en Espagne, on a fait La tante sur le toit au Japon, et ouais on a déjà vendu les droits une ou deux fois ailleurs et on a fait des adaptations puisque La tante sur le toit c'est une adaptation d'une nouvelle, et puis on a fait une adaptation de L'écume des jours, donc là aussi il a fallu acheter les droits. Et puis là on travaille sur une adaptation d'un livre américain, même chose, on achète encore des droits, c'est toujours un peu compliqué, il y a des trucs de pourcentages, de machins. Bon bref c'est un gros gros métier l'édition, et nous ça marche dans la mesure où on se paie pas, hein disons le. (c'est moi qui ait fait ce livre ! C'est moi c'est moi c'est moi !)
L'édition, ça marche bien ?
L'édition on en vit pas, il faut savoir, enfin il y a des gens qui en vivent mais pas dans l'édition indépendante. Enfin moi, comme éditeur, je me paie pas, comme auteur, c'est assez rare de toucher des droits importants. (interpelle un curieux pour lui dire que l'auteur est présent, enfin il va arriver sous peu) Donc non, on en vit pas. Enfin la bande dessinée, si on devenait riche avec, ça se saurait, sauf si tu t'appelles Van Hamme ou Goscinny et Uderzo, mais voilà il y a quelques grosses maisons d'édition qui vivent bien mais les petits éditeurs, on a tous des métiers à côté. Mais après, à partir du moment où tu rentres dans cette économie là, si tu fais des tirages un peu intelligents et que tu vises bien... Le truc d'un éditeur c'est pas de vendre un maximum, enfin si bien sûr mais c'est de vendre son tirage. Et ce qui coule beaucoup d'éditeurs c'est le tirage de trop. Nous on a fait des re-tirages de livres... bêtes quoi, des trucs qui nous ont plus, qu'on a en stock et tout et voilà quoi. Et ça c'est de l'argent qui bouge pas, c'est des stocks que t'as chez toi. Donc vraiment le job d'un éditeur c'est d'avoir l’œil, de savoir à peu près à combien tirer un livre et quand le retirer si il faut le retirer. Mais 4500 nouveautés par an, si tu veux, c'est difficile d'avoir des ouvrages de fond... La plupart des libraires, ton livre il arrive, il fait trois mois en librairie et puis après il repart, sauf si c'est un énorme succès. Sinon, non.
Pour la ligne éditoriale... ?
Il y a beaucoup d'éditeurs qui n'ont pas de ligne éditoriale, c'est à dire qu'ils font un peu de tout. Et c'est un peu la difficulté, c'est de réussir à trouver des choses qui se ressemblent et une cohérence d'ensemble. Parce que, quand tu es un éditeur, il faut trouver des trucs qui aient une famille, qu'il y ait une famille d'auteurs, et qu'il y ait aussi une cohérence graphique. (harangue un autre fan d'Ultimex) Donc oui c'est assez compliqué, ça demande d'avoir aussi une vision et tu reçois des projets qui sont biens, mais qui sont pas pour toi, parce que ça rentre pas dans ta ligne éditoriale. C'est pour ça que nous on a monté Vraoum après avoir monté Warum, c'est qu'on voulait qu'il y ait une cohérence entre les deux lignes.
Pour ce qui est de l'édition à l'étranger vous supervisez des trucs ou vous laissez libre ?
On vend les droits et on laisse les gens se démerder, c'est déjà bien assez de boulot de s'occuper de son propre truc. On est bien content quand on vend des droits déjà. Mais pour le moment on a pas été trop trahis donc ça va, les objets ont été assez beaux donc on est contents. Mais tu peux pas dire à un autre éditeur "tu vas faire ça", enfin c'est compliqué.
Et est-ce qu'ils gardent le même format qui est toujours un peu étrange, jamais celui des éditions "classiques" ?
Oui, en général l'éditeur fait assez peu de fioritures mais ça dépend, il y a certains éditeurs qui n'hésitent pas à agrandir, à donner plus de marge, pour faire rentrer dans un catalogue, parce qu'il y a aussi le problème de format où tu respectes le même format à chaque fois.
Et pourquoi ce format un peu spécial ?
Parce que en fait, quand tu édites un livre, y'a un format qui correspond au livre ou pas. Nous on a maintenant 5 ou 6 formats qu'on a développé au fur et à mesure parce que certains livres ne rentraient pas dans les formats qu'on avait, et tu fais pas un livre pour le faire rentrer dans une case ou dans une boîte. C'est à dire qu'on essaie à chaque fois de trouver le format qui va aller avec le livre, et pas trouver les livres qui vont rentrer dans le format. C'est un peu ridicule, c'est un peu penser à l'inverse. Donc du coup on a essayé de changer ça et de se débrouiller pour qu'en tout cas quand on trouve un livre vraiment particulier bah on fait un format particulier. On a fait Mu, qui est très grand, c'est parce que ça valait le coup.
Pour le futur, des projets ? Comment ça va évoluer ?
Dans le futur on a des suites, beaucoup, parce que là on a des projets comme la Bande Pas Dessinée, Ultimex, qui sont des projets qui ont rencontré leur public, et donc on continue à faire la suite. Et puis on a des projets... On a un projet sur la Palestine, on a un projet sur... On a des projets d'adaptation... Enfin des projets très étranges, et puis on a des petites collections qu'on continue régulièrement. C'est un peu que... Ça va ça vient, on découvre les choses au fur et à mesure
Comment ça fait d'être de l'autre côté au niveau du festival ?
Moi ça fait dix ans que je suis standiste donc je me rappelle plus comment ça fait d'être de votre côté du stand, c'est tout.
En suivant, on a Navo : concis et précis face à un type qui sait pas tout à fait ce qu'il fait.
La BPD, pourquoi, comment, et comment c'est arrivé chez Vraoum ?
Oula, alors attends... Euh... Alors, pourquoi ? Parce que... J't'emmerde, déjà. C'est par rapport au fait que j't'emmerde toi et tous les autres et du coup je me suis dit "autant le faire dans une BD", ce sera mieux pris et je pourrais faire de l'argent. Et comment c'est arrivé chez... En fait ouais, je faisais un blog depuis deux ans et demi, je crois, et à un moment je me suis dit : "je vais essayer de le faire en livre, je vais le faire moi-même". Mais avant de le faire moi-même je vais quand même poser la question à des gens, et une des premières personnes à qui j'ai posé la question c'était Wandrille et on s'est bien entendu parce qu'on s'est insulté. Et donc du coup je me suis dit : "Ah, il est bien ce mec là ! Je pense qu'il est bon pour la Bande Pas Dessinée." Alors on est parti ensemble et je dois dire qu'aujourd'hui j'en suis très heureux. Je suis un peu ému en parlant, je suis désolé.
Et pour finir, l'ami Gad, grâce à qui j'ai pu illustrer joliment mon article et donc faire genre que en fait il est pas tout pourri.
Ultimex, d'où ça vient, sa première apparition était visiblement les 24 heures de la BD ou avant... Donc d'où ça vient, pourquoi et comment c'est arrivé chez Vraoum, si c'est vous qui avez sollicité l'éditeur ou si c'est lui qui a trouvé que c'était bien ?
Un peu des deux. Alors à la base Ultimex ça vient... Parce que j'ai commencé à recopier un personnage que je trouvais dans une revue de faits divers un peu scabreux, une revue qui datait des années 1900, et il y avait ce qui s'appelait l’Œil de la Police. Il y avait toujours un œil qui jugeait les différents crimes très sévèrement. Et parfois cet œil était personnalisé avec un personnage qui avait un œil à la place de la tête. Et donc j'ai recopié ce personnage et très vite je lui ai mis cet œil sur un corps de type bodybuildé. Ensuite je me suis dit "putain, il manque de classe', et je lui ai collé un costard. Et très rapidement, et naturellement le nom d'Ultimex est venu et son tempérament également.
Et Ultimex, c'est une référence particulière ?
Non pas du...
Ou c'est juste que c'est super classe ?
Ouais, voilà, ouais ouais, je trouve que ça sonne bien en fait. Ça claque un peu Ultimex. Mais, je trouve rarement des bons titres et des bons noms en plus, donc là j'étais content tu vois. Mais c'est venu vraiment sans y réfléchir, c'est ça qui est amusant.
Et pour Steve aussi ?
Steve en fait, il arrive dès la deuxième aventure d'Ultimex, dans les tous premiers épisodes, et il me fallait un personnage secondaire comme ça et après, quand il m'a fallu un autre personnage secondaire, je me suis dit : "Tiens, je vais reprendre le même qu'on a déjà vu ici, et je vais en faire un personnage fixe en fait, qui revient à chaque fois." C'était plus simple, et puis c'est mieux comme ça il y a une complicité, une amitié, il y a un faire valoir, et c'est le principal. Le fait d'assumer clairement que le mec est un faire valoir je trouvais ça aussi très amusant. Le faire valoir prodige, ça vient des vielles bandes dessinées de Batman justement, où il y avait Batman et Robin, l'adolescent prodige, c'était ça le titre. Et je me suis dit non, c'est pas un adolescent, c'est juste un faire valoir. Et j'ai repris le titre pour Ultimex.
Alors ensuite comment ça s'est goupillé avec Warum pour éditer Ultimex... Bien, je savais déjà que Wandrille, tu sais, il a édité pas mal de personnes issues des blogs, bon je savais ça, et je voyais qu'il me laissait des coms de temps en temps. Il avait découvert le blog d'Ultimex, et il laissait des coms, et je voyais qu'il était plutôt enthousiaste et tout. Et je me suis dit "Tiens, ça peut être intéressant". Et, un jour il y avait Warum au Salon du Livre... Il y a... Trois ans maintenant. Et je me suis dit tiens, je vais aller faire un tour là bas, je vais lui dire qui je suis, je vais lui prendre une BD et je vais lui dire qui je suis. Donc du coup on a discuté un peu tous les deux, lui et moi, et il m'a dit "Hé mec, il faut qu'on fasse un album ensemble" Et c'est comme ça qu'est né le premier album, Le mauvais œil, chez Warum. Bah oui, c'est presque un compte de fées.
Et donc ça fait quoi de se retrouver maintenant de l'autre côté du stand ?
Et bien écoute, moi j'ai pas une très grande expérience des festivals mais j'avais fait Angoulème déjà, en 2007 je crois, quelque chose comme ça. Et ça m'avait beaucoup déçu, j'avais pas trouvé, j'avais trouvé ça plutôt impersonnel et tout... Mais là ça me fait découvrir une autre facette des festivals en fait... Je faisais peut-être pas très bien, en fin je sais pas j'étais pas... Maintenant je me marre plus en festival, en tout cas en tant qu'auteur. Et puis bon, il arrive qu'on rencontre les auteurs en vrai en tant qu'auteur, des auteurs qu'on admire et ça c'est la classe un peu de rencontrer les gens d'égal à égal même si ils me sont vraiment supérieurs, c'est quelque chose de sympa quand même. Quelque chose qui aurait pas forcément été possible en faisant trois heures de queue pour avoir un dessin fait en 5 minutes. Et ça c'est cool.